Voir quelqu’un


Perso / jeudi, septembre 20th, 2018

Crise de la trentaine ? Remise en question ? Contre coup du burn out maternel ? Je ne sais pas vraiment mais depuis un an je le sais, j’ai besoin de consulter un psychothérapeute.

Un passé qui pèse lourd.

Je vous parle rarement de mon enfance ou de mon passé et pour ainsi dire jamais de mes parents (oui parce que je suis comme tout le monde, je ne suis pas sortis de la cuisse de Jupiter) et ce n’est pas pour rien.

Je n’ai pas vécu que des choses drôles durant mon enfance et mon adolescence. J’ai traversé des périodes difficiles et j’ai survécu. Sans mentir à personne, je sais bien que la force que j’ai aujourd’hui de me battre pour mes enfants par exemple, elle me vient de là mais croyez moi, avec le recul, j’aimerais parfois être un peu plus faible.

Etre dans le déni durant vingt cinq ans et se rendre compte que ce qu’on a vécu, la façon dont on à vécu jusque là n’est pas normale. Voir ses enfants grandir et prendre la mesure de ses propres blessures. Celles que l’on ne connaissait pas, celles que l’on avait enfouies, celles que l’on avait oubliées.

Tout ça fait beaucoup à gérer pour une petite bonne femme comme moi et les séquelles de tout ça sont nombreux.

D’abord j’ai cru que je n’étais pas normale pendant des années. A force qu’on me répète que j’étais « trop » sensible, j’ai vraiment cru que j’avais un énorme problème et quand mon fils aîné à lui aussi développé cette forte sensibilité, j’ai d’abord culpabiliser de lui avoir refiler le mauvais gêne.  Combien de fois j’ai pu entendre combien j’étais pénible car on ne pouvait rien me dire sans que je me mette à pleurer….

J’ai finalement compris que ma grande sensibilité n’était en rien le problème. Au contraire, c’était un super pouvoir qui permettait de ressentir les choses puissance 1000 et de pouvoir mieux comprendre les gens et les choses qui m’entoure. Ne parlons même pas de tout l’attrait que peut avoir une forte sensibilité quand on exerce un métier artistique.

Bref , j’ai compris que le problème ne venait pas de moi mais du fait qu’on me faisait sentir anormale. Je peux donc vous dire que je suis extrêmement vigilante pour mon fils à ce sujet et que chaque jour j’essaie de l’aider à développer ce super pouvoir qui le rend différent.

Hypersensible mais pas seulement.

En tant qu’aîné de ma famille on a attendu beaucoup de moi. On attendait de moi que je fasse mieux. Pas que je fasse bien. Que je fasse mieux. Je n’ai pas été une enfant à problèmes et je n’ai pas fait de crise d’ado. Je n’était pas la première de la classe mais pas la dernière non plus. je ne faisait pas le mur. Je n’ai jamais fumé. Je ne buvais pas d’alcool. Je ne sortais pas avec le premier venu. Je m’excusais même avant de dire certains gros mots. J’étais responsable. Je ne transgressais presque jamais les règles. Je ne me mettais pas en danger. Mais ce n’était pas suffisant…

Je me souviens avoir très mal vécu les comparaison incessantes lorsqu’on allait chez des cousins éloignés avec une cousine qui à mon âge avait déjà sauté une classe et les nombreuses tentatives pour que je bénéficie de sa « bonne » influence.

Tout ça à fait de moi une personne avec un manque de confiance en elle gros comme l’univers. Je ne suis que très rarement satisfaite de moi et j’apprends chaque jour à être moins dure envers moi même. Facile à dire mais pas simple au jour le jour quand on est maman et qu’on a l’impression qu’il y a un fossé entre la maman qu’on est et celle qu’on voudrait être.
Si vous saviez comme j’ai du mal à me lancer de nouveaux projets ou de nouveaux défis car la peur de tout foirer est plus forte et plus grande. Je lutte constamment contre ma nature pour avancer. J’ai pourtant envie de faire beaucoup de choses mais je ne me sens pas à la hauteur. Je doute constamment de moi et j’ai toujours besoin qu’on me rassure.

Je souffre aussi d’une peur irrationnelle de l’abandon qui remonte au divorce de mes parents. Ces temps ci elle est même un peu plus forte surtout envers Mr Papa puisque nous approchons à peu de choses près nous en sommes au même point que mes parents au moment ou mon père à quitter ma mère. Vous trouvez ça bête hein ?! Mais je n’y peux rien c’est plus fort que moi, cette hantise me suis à la trace. peut être s’en ira telle quand nous aurons franchis ce cap…

La sensation de toujours être sur le fil.

Ces manques émotionnels font de moi quelqu’un qui à la sensation d’être une équilibriste. Je me sens constamment sur le fil du rasoir, prête à basculer à tout moment du bon ou surtout du mauvais côté.
Ce sont notamment ces manques qui m’ont propulsé il y a bientôt un an dans un burn out maternel qui m’a valu une énorme remise en question et surtout d’ouvrir les yeux sur des situations, des comportements, des actes et des choses insupportables que je m’évertuais à justifier et à supporter au point de me vider de toute énergie.

Evidemment les événements malheureux des années qui viennent de passer, la mort brutal d’un de nos amis, le décès de mon beau père l’année dernière et les soucis que Super Pirate à pu rencontrer à l’école, n’ont fait qu’en rajouter mais on aussi permis de mettre en lumière certains problèmes.

Une démarche difficile.

Cela fait bien longtemps que dans un petit coin de ma tête, je sais que je dois consulter. Voir quelqu’un de neutre à qui parler de mes soucis. J’avais même commencer quelques séances il y a quelques années mais je n’étais pas prête à entendre certaines choses. J’ai mis du temps à verbaliser certaines choses. D’ailleurs Mr Papa n’a découvert que récemment certains aspects de ma vie surtout depuis que je suis devenue maman.

J’avais pris contact par mail avec une thérapeute qui me paraissait bien il y a un an mais je n’avais pas donné suite. Jusque là je me cachais derrière le fait d’avoir Mister Papouille avec moi et de ne pas pouvoir être libre de poser un rendez-vous pour une séance et puis j’ai enchaîné la formation et j’avais encore moins le temps.
Sauf que depuis le début du mois, Mr Papa est au travail, Super Pirate à l’école, Mister Papouille chez la nounou et moi seule à la maison pour monter mon projet.

Je suis donc face à moi même depuis dix jours et j’ai du me faire violence à plusieurs reprises pour ne pas me laisser aller et foutre mes projets en l’air. C’est parfois difficile pour Mr Papa d’imaginer toute la peur qu’il y a en moi alors j’ai pris la décision de voir quelqu’un. J’ai pris un rendez-vous avec la thérapeute que j’avais contacté pour les prochains jours.

Je n’en peux plus de ce poids incessants sur mes épaules, de ces fantômes qui me suivent constamment. J’ai besoin de les poser quelques parts et de les y laisser. Mettre des mots sur mes maux. Ces poids et fantômes ne m’appartiennent pas, il est grand temps qu’ils retrouvent leurs propriétaires.

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