La Vannetaise 2016 #2

Il y a une petite dizaine de jours je te présentais la Vannetaise, une course à pied de 6 kilomètres autour du port de Vannes, une course solidaire exclusivement féminine, pour récolter des fonds et mobiliser un maximum autour d’une cause commune : la lutte contre le cancer du sein !

Yann Le Gallic - YLG Prod ©
Yann Le Gallic – YLG Prod ©

Comme je te le disais dans mon précédent billet, cela faisait plusieurs années que je souhaitais m’y inscrire en vain pour multiples raisons.

C’était donc, dimanche dernier, pour moi, la toute première fois que j’allais m’élancer depuis l’esplanade du port de Vannes dans une course folle entourée de 3934 autres coureuses. C’était aussi ma première participation à une course tout court.

Nous sommes arrivés avec mes 3 hommes vers 9h45 sur l’esplanade. Il y a de la musique, il y a de l’ambiance et surtout il y a du rose…partout !
Toutes les participantes doivent mettre le t-shirt officiel pour courir ce qui donne une homogénéité et j’avoue que c’est motivant.

Ouest France ©
Ouest France ©

On a tourné un peu sur l’esplanade le temps que Mr Papa repère le meilleur endroit pour lui pour s’installer avec les deux petits puis je suis allé rejoindre le groupe pour m’échauffer.

On s’échauffe toutes ensemble puis on fait la  » coeurégraphie « . J’avoue que je me sens un peu seule, toutes les autres autour de moi son là en petit groupe, parfois déguisées, parfois avec juste un signe distinctif. Ce sentiment ne dure pas longtemps car de l’autre côté du port, alors que nous n’avons pas encore avancé d’un pas, on aperçoit déjà les premières coureuses lancées dans leur courses.

Le groupe avance doucement, tout le monde fait des petits cœurs avec ses mains, l’ambiance est bonne.
Je visse mon casque sur mes oreilles, je lance ma playlist et c’est partis !

la vannetaise 2016

Enfin partis, façon de parler car on trottine, on marche, on trottine… Difficile de se faire une place et d’avancer au milieu de tous ce monde puis la route s’élargit et je prends mon envol.

Je cours, je cours, je cours. On passe dans les petites rues qui longent le port et je profite des trottoirs pour avancer et laisser derrière moi un bon nombre de coureuses. Je me dis que je suis sans doute partis un peu trop tout feu tout flamme et que je vais peut être le payer plus tard mais tant pis, tant que je le sens bien je fonce.

Je lis les messages dans le dos des participantes, des noms d’équipes, des messages perso, des photos parfois et je pense à une de mes collègues qui a souffert d’un cancer du sein. Je me dis que si j’avais mis un dossard blanc c’est sûrement son prénom que j’aurais mis.

Un ralentissement me fait sortir de mes pensées, on arrive près du tunnel de Kérino, la piste est étroite, tout le monde s’entasse, impossible d’avancer à mon rythme. Tout le monde marche mais je continue de trottiner sur place. J’ai trop peur de ne pas repartir si je m’arrête, je ne veux pas perdre mes jambes et mon énergie.

Le Regard de Luce E.© (https://www.facebook.com/Le-regard-de-Luce-E-1728520007415058/?fref=ts)
Le Regard de Luce E.© (https://www.facebook.com/Le-regard-de-Luce-E-1728520007415058/?fref=ts)

La vague rose s’engage dans le tunnel et comme la piste s’élargit de nouveau, je reprends mon rythme et j’avance, j’avance, j’avance. Je me fraye un chemin et je m’engage dans la remonté. Je suis surboosté avec la musique et je fonce.

Je ne vois nulle part de marqueur m’indiquant à quel kilomètre nous sommes mais je sais qu’on a quasi fait la moitié, de plus on retourne vers l’arrivée et c’est motivant. Je continue de franchir les groupes de coureuses comme des obstacles sur mon chemin et je me demande vraiment à quel moment mes jambes vont me lâcher.

Je remonte le port sans soucis et j’essais d’apercevoir Mr Papa et les petits sur l’autre rive, là ou je les ai laissés mais il y a trop de monde.

la vannetaise 2016

Je rejoins l’autre côté du port. Je commence à avoir chaud – en bonne frileuse j’avais emprunté un haut Kipsta à Mr Papa – et je sens que mon coeur tambourine un peu. En même temps je n’ai pas vraiment pu m’entraîner comme j’aurais voulus et finalement le max que j’avais pu faire était 4 km. Je me doute bien que les deux derniers kilomètres vont être difficiles alors je change ma musique pour un truc qui tambourine autant que mon cœur.

Juste à ce moment là je vois Mr Papa et mes petits bouts sur le bord, un vrai petit coup d’adrénaline pure et je suis repartie. L’arrivée s’éloigne dans mon dos mais je sais qu’on arrive sur la dernière boucle. Je peine à vraiment courir à mon rythme, il y a beaucoup de monde et de coureuses et c’est difficile de se frayer son chemin.

La Vannetaise
La Vannetaise ©

Finalement j’arrive sur la dernière ligne droite, je sens mes poumons qui commencent à brûler et je m’entends souffler fort. Je ne vois plus rien d’autres que les arches qui indiquent la fin de la course. Je donne tout, je trace, je trace, je trace.

Quand j’arrive à proximité de l’avant dernière arche, reconnaissante d’avoir encore toutes mes jambes et consciente que je n’ai pas marché une seule fois, j’envoie toute mon énergie dans un dernier sprint.

Je franchis la ligne et j’ai presque envie de pleurer. Pleurer de soulagement d’avoir fini, de fierté d’avoir tenue et de reconnaissance de ne pas tout avoir perdu de ma forme physique durant ces 4 ans sans sport. J’avance vers la sortie en récupérant eau, fruits et cadeau. Je vois les autres coureuses partager leur joie d’avoir finis et un moment je cherche moi aussi un visage connu mais personne.

la vannetaise 2016

Je sais que Mr Papa ne doit pas être loin mais pas non plus dans la foule avec la poussette et Super Pirate. Je remonte tranquillement vers eux et je les retrouve une dizaine de mètres plus loin.

Je suis contente de les voir. Je sens mes jambes lâchées doucement et j’ai un peu la tête qui tourne sur le retour jusqu’à la voiture. Ma tranche de quatre quarts et mon verre de jus de pomme sont loin, heureusement qu’a la sortie on nous a distribué des pommes !

La Vannetaise ©
La Vannetaise ©

On débat avec Mr Papa sur mon temps. L’objectif que je m’étais fixé était de terminé la course – c’est déjà bien – et si possible sans marcher. Objectif atteint ! Mr Papa lui avait parié que je le ferais en moins de 40 minutes et d’après lui c’est réussis. Ne reste plus qu’a attendre les résultats.

Ils tomberont peu de temps après dans l’après midi, verdict : 34 minutes et 16 secondes ! Mr Papa a donc gagné son pari et moi je suis ultra fière de moi.
Je finis 446ème sur 3935 coureuses ! Une belle performance pour une fille qui n’a pas vraiment courus depuis plus de 4 ans.

Du coup je pense que je serais de nouveau sur l’esplanade du port l’année prochaine ! J’ai un record à battre maintenant !

ma breizh family

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