* Les malheurs de Super Pirate *

Les choses ont commencé il y a un mois maintenant, Super Pirate à doucement changé de comportement.

Il est devenu, plus irritable, moins joyeux, extrêmement susceptible, grognon et même parfois « brutal » avec son frère. Je dis bien brutal et non pas violent car il n’a jamais frappé son frère mais il a toujours eu une délicatesse envers lui qui avait soudainement disparue. Et puis chaque soir il s’endormait de plus en plus tard.

A la maison, ce n’est pas le nombre de soirées, que Mr Papa et moi, avons passé à discuter de son attitude qui ont manqués et surtout le nombre de fois ou nous nous sommes interrogés sur le comportement à adopter.

Pour trouver le bon comportement il fallait d’abord trouver la cause. Alors évidemment après 7 ou 8 semaines d’école on a tout de suite pensé à la fatigue…

Puis est arrivé la sortie scolaire à l’aérodrome où, alors que tous ses copains s’amusait à essayer la tenue de pompier, lui s’est complètement braqué et enfermé dans un silence complet. Le pompier sur place à évoquer un stress extrême…

Mais oui ! Comment est ce que je n’ai pas pu y penser plus tôt ? Le stress ! Moi même j’ai énormément souffert de mon stress petite. Comment n’ai-je rien pu voir avant ? Ne pas le sentir ?

Je me souviens de ma conversation par sms avec Mr Papa cette après midi là où j’ai le sentiment d’avoir été une mauvaise maman, de n’avoir rien vu, d’avoir abîmé mon bébé… Je culpabilise tellement et même si Mr Papa tente, à distance, de me réconforter, sans détour je me sens comme une merde.

Là encore nous cherchons la cause de ce stress et nous l’attribuons à la perte de son papy quelques semaines plus tôt. Pour nous, il a certainement refoulé sa peine ou ses sentiments pour nous « protéger » de sa peine et elle ressort de cette façon. Alors nous envisageons une consultation psy avec un(e) psychomotricien pour l’aider à extérioriser tout ça…

Je cherche un bon nom, une bonne adresse mais rien ne vient. Je ne veux pas prendre rendez-vous avec n’importe qui, je veux être sûr d’avoir quelqu’un de compétent.

Et puis arrive en parallèle la kermesse et alors que mon petit bout craque en plein spectacle et s’effondre en larmes dans mes bras, j’apprends qu’un enfant le suit et le harcèle souvent. Cet enfant, Super Pirate m’en a déjà parlé, plusieurs fois au cours des dernières semaines mais jamais pour des choses « graves » alors je ne m’étais pas inquiété. Voyant son état et l’insistance dont il fait preuve pour m’expliquer le comportement de ce petit garçon, je promets à mon fils d’en parler à la maîtresse.

La kermesse passe, mon fils s’amuse et c’est le principal.

Le lundi je ne fais que croiser la maîtresse et j’en oublie ma promesse. Le lendemain, le mardi midi, alors que je dépose Super Pirate en début d’après midi, j’en touche deux mots à la maîtresse qui n’est pas surprise du comportement de l’enfant mais surprise qu’il s’en prenne au miens. Elle me dit quelle va les confronter et je m’en vais le coeur un peu plus léger avec l’espoir d’un conflit quasi réglé.

Mais quand je vais chercher mon fils le soir, je le récupère avec un coquards, l’oeuvre d’un autre enfant. Je suis à bout et je le sens à bout lui aussi. J’essais de parler avec l’enfant qui l’a frappé mais ça ne soulage personne et à peine arrivés dans la voiture il craque une première fois et me dit que cet enfant l’a tapé plusieurs fois « dans son corps » en me montrant son torse puis dans son œil et que ça lui fait de la peine.

Je lui dit que moi aussi ça me fait de la peine, qu’il se soit fait taper et surtout qu’il ai de la peine alors pour soigner son oeil et tenter de limiter les dégâts, on file chercher de l’homéopathie et des carambars (pour le moral). Sur le trajet il s’écroule de fatigue et dort de tout son saoul… Je comprend vite qu’il a tenu bon l’après midi et qu’il est épuisé.

Mais je veux en savoir plus sur ces coups donnés « dans son corps » et pendant que nous achetons de quoi lui remonter le moral on discute tout les deux. J’essais d’en savoir un peu plus… Non je veux en savoir plus car je sens que ce que je sais ne représente qu’une partie mais je ne veux pas le brusquer.

Il finit par s’ouvrir à la maison avec moi, pendant que son petit frère joue. Les deux enfants, celui qui l’a frappé avant la danse de kermesse et l’auteur du coquards, accompagnés d’un troisième le suivent partout et tout le temps. Je lui demande si c’était juste aujourd’hui et il me répond que c’est toujours, dans la classe et dans la cour.

Apparemment ils se moquent très souvent de lui, le bouscule aussi, l’un d’entre eux répète tout ce qu’il dit comme un perroquet jusqu’à ce qu’il craque. Je suis abasourdie de ce qu’il dit et j’avoue que j’ai du mal à croire ce que j’entends… Mais il vide son sac alors je ne l’interrompts pas et j’écoute.

Ce soir là Mr Papa est rentré plus tôt car j’ai rendez-vous chez le dentiste. Je le laisse à la maison et durant toute l’heure ou je me fais soigner, je cogite et ce qu’il m’a raconté prend peu à peu toute sa mesure dans ma tête. Mr Papa avait déjà évoqué un éventuel changement d’école lors de précédents soucis mais je n’avais jamais autant envisagé cette solution jusqu’à ce jour.

Le groupe dans lequel il évolue chaque jour, durant près de 7h, est un groupe où la violence est permanente, c’est un groupe speed et je me demande vraiment si mon fils y a sa place. Lui qui état un enfant si calme est devenu une vraie pile parfois incapable de se poser deux minutes… Je sais qu’il s’est fait une place dans ce groupe, qu’il s’y ai fait des amis, des copains mais je me demande s’il est réellement lui, s’il s’épanouit vraiment parmi ces enfants.

Je pense aussi au futur, car si cette dimension échappe à bon nombre de parents, pour moi elle est bien réelle. Ce groupe d’enfants est partis pour une bonne dizaine d’années d’école ensemble et je me demande comme ce sera lorsqu’ils auront 10 ou 12 ans, si ses enfants le persécute déjà à 5 ans ?! Est ce que je veux vraiment qu’il grandisse avec cette violence constante ?

Je ne veux pas faire de mon fils une victime et il est absolument hors de question que je le pousse a frapper à son tour pour se défendre, chacun sa vision des choses mais ce n’est pas de cette manière que nous comptons l’accompagner avec son père. Plus ça va plus il y a d’arguments qui pèsent en faveur du changement d’école. Et d’ailleurs quand je rentre, avant même de parler de ma réflexion personnelle à Mr Papa, c’est lui qui me propose une école près de chez nous comme seconde solution.

On en parle une bonne partie de la soirée où pour la première fois depuis des semaines Super Pirate s’endort à peu près normalement. On sent qu’il faut agir alors on décide de prendre un rendez vous pour visiter une autre école « pour voir ».

Le lendemain, le mercredi, la langue de Super Pirate se délie et j’en apprends de nouvelles, comme entre autre, le fait que ces trois enfants parfois accompagné d’un quatrième, « s’amusent » à lui toucher les fesses pendant qu’il fait pipi… Je suis tellement désolé pour lui, qu’il ai subi ça, silencieusement et que personne n’ai rien vu des agissements et de sa souffrance…

Le jeudi, après une nuit quasi blanche, je reçois un texto de Mr Papa me disant que ce matin il a pleur car il ne veut plus aller dans la classe avec ces enfants. Pour lui c’est clair nous devons le changer alors j’appelle la « nouvelle » école pour prendre un rendez vous et je m’effondre presque en larmes au téléphone en parlant des problèmes rencontrés par mon fils. Je comprends à cet instant que je ne peux plus le laisser là bas car la confiance n’est plus là.

Le rendez-vous est pris, une semaine plus tard nous irons visiter cette « nouvelle » école et si elle ne nous plaît pas nous savons que nous avons d’autres solutions mais une chose est sur nous voulons le changer. Reste une autre tape : lui en parler.
C’est ce que j’ai fait, au calme le jeudi après midi. J’ai abordé la chose très simplement, lui disant qu’on ira bientôt visiter une « nouvelle » école pour voir si ça lui plaît et que si c’est le cas alors à la rentrée, il ira là bas à l’école.
Il  écouté calmement et sa première question a été de savoir si les 4 enfants seraient eux aussi là. J’ai répondu très sincèrement que non ils ne seraient pas là mais que ses deux meilleurs copains non plus ne seraient pas là et sa réponse m’a fendu le coeur : « c’est pas grave, c’est trop cool maman ».

Comment se sentir bien en entendant le soulagement de son fils d’apprendre qu’il va perdre ses deux meilleurs copains au profit d’une tranquillité morale. Je me dis juste qu’il devait sacrément souffrir pour être prêt à abandonner ses copains sans sourciller.

A partir de cet instant il n’a eu de cesse de répéter à qui voulait bien l’entendre qu’il allait changer d’école, j’ai donc dû l’annoncer moi même à l’école et à sa maîtresse le vendredi car avec son père nous avions convenu que ce serait sa dernière semaine…

Elle a accusé le coup et a trouvé difficile de voir partir un élève pour ses raisons mais je pense qu’elle a compris combien j’avais peur pour mon petit bout et surtout que même si ces derniers jours j’avais pu être perdu avec les événements, je n’avais à aucun moments remis en cause ses qualités d’enseignante. Elle a saisi que je préférais préserver la sensibilité de mon fils que de l’obliger a affronter chaque jour ces enfants…

Cette annonce m’a plus ou mois soulagé après près d’une semaine sans dormir et à pleurer. Et j’ai senti un Super Pirate plus léger aussi en rentrant à la maison de savoir qu’il ne serait plus confronté à ses enfants…

Le soir même nous avions le repas de retour de kermesse et il y avait plusieurs familles présentes dont les parents de 2 enfants sur les 4. Ayant un bon contact avec chacun d’entre eux, je leur ai ouvertement parlé de ce qu’il s’était passé entre nos enfants et que nous avions décidé entre autre pour ça de changer notre fils d’école.  Chacun a accueillis la nouvelle à sa manière et le fait de leur rendre leur part de « responsabilité » dans tous ça m’a soulagé d’un poids énorme qui pesait sur moi depuis une semaine.

Par la suite je n’ai pas vu les deux autres familles et même si je pouvais je n’irai pas les voir car je sais d’avance que le dialogue sera sourd et finalement nous ne serons pas plus avancés.

La semaine s’est ensuite écoulé et nous avons jour après jour vu un changement significatif chez Super Pirate. Il est redevenu joueur, rieur, à retrouver la complicité avec son petit frère et surtout il s’est remis à communiquer. Il y a de temps en temps des petites « rechutes » mais globalement on a retrouvé notre petit bonhomme.

Et puis vendredi est arrivé et nous sommes allés tous les quatre visiter la « nouvelle » école. Nous avons tous de suite eu un bon feeling avec la directrice qui sera également la maîtresse de Super Pirate l’an prochain. Nous avons tous ensemble, visité sa future classe et découvert l’ensemble de l’établissement. Une école avec moitié moins d’enfants que dans son école précédente, je me dis qu’il sera peut-être moins noyé dans la masse, un groupe de 15 grande section qui seront en classe avec des PS1 (2 ans et demi / 3 ans), on se dit que ce sera peut-être une classe moins turbulente du fait de l’écart d’âge dans le groupe. Et puis une cour de récréation séparé pour petits et grands mais avec un limite fictive qui permet aux aînés de venir faire un bisou à leurs petits frères et soeurs et je pense aussi à Mister Papouille qui sera peut être rassuré de voir son frère quand il entrera à l’école.

Enfin voilà une bonne impression générale qui nous a encouragé dans notre démarche. Nous avons donc signé et maintenant nous n’avons plus qu’à attendre la rentrée scolaire et voir s’y Super Pirate y trouve son compte car pour le moment il pense qu’il va être le seul « petit » car au moment de notre visite toute la maternelle était à la sieste.

Quoi qu’il en soit à chaque fois que nous passons devant l’école il la reconnaît et nous dit que c’est sa nouvelle école ! Et ça pour nous c’est bon signe ! En espérant que les malheurs de Super Pirate soient derrière lui…

Pardon pour le pavé mais il fallait que je vide un peu mon sac…

ma breizh family

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