* Quand on met à mal mon coeur de maman… *

Ce billet n’a rien de prévu, il vient là comme un cheveu sur la soupe parce que j’en ai marre et gros sur la patate comme on dit chez moi… Parce que ça na va pas tout simplement.

J’ai besoin de vidé mon sac et de gueuler un bon coup !

Quand Super Pirate à approcher l’âge d’entrer à l’école, si tu te souviens, je me suis longtemps posé la question de savoir où j’allais l’inscrire. Je ne suis pas plus publique que privé, l’essentiel pour moi étant de le mettre dans une école ou il se sentirait bien (ce n’est pas évident) et ou il serait respecté et bien traité (et ça non plus ce n’est pas toujours évident).

Malgré mes réticences, j’avais quand même finis par l’inscrire dans l’école où je travaille par soucis de respecter son rythme et lui éviter des heures de garderies matin et soir et de la cantine à midi.
J’étais réticentes car j’avais peur que mes relations professionnelles n’interviennent sur sa scolarité et inversement…

Je vous parle rarement de mon job, parce qu’il y a un certain mystère qui plane toujours au dessus de ce qui se passe dans les écoles mais après tout je peux bien vous parler de ma condition d’employé.

Je suis donc ASEM (c’est comme ATSEM mais dans le privé), je suis la dame de l’ombre, celle qui entre autre apprend a vos enfants à être autonome, à aller aux toilettes seul, à refermer leur pantalon ou manteau seul, à se laver les mains, à ranger ses affaires, à mettre sa couverture seul… Bref tout un tas de petites choses du quotidien qui deviennent vite invisibles face au travail des maîtresses et des apprentissages tel que l’écriture…

Chez nous, les relations ne sont pas toujours au beau fixe. Difficile de se sentir à l’aise lorsqu’on tombe malade et que la seule chose dont se préoccupe votre binôme est de savoir qui va faire son ménage et encore plus difficile de se sentir sur un pied d’égalité quand on entend « je n’ai pas fait 5 ans d’études pour qu’on me qualifie de personnel. C’est vous le personnel, moi je suis enseignante ! ».

Voilà pourquoi j’avais peur pour Super Pirate… Parfois l’instruction n’est pas synonyme d’intelligence.

Bref je l’ai inscrit quand même et jusque là tout se passait bien, ça se passait même tellement bien que j’ai eu envie de m’investir différemment dans l’école et à la rentrée j’ai beaucoup hésité à rejoindre l’association des parents d’élèves.

Là encore, chez nous, les maîtresses n’aiment pas trop, que nous, ASEM, ayons un contact avec les parents et en m’inscrivant à l’association je me retrouvais donc en plein milieu de la marre au canard. J’ai donc attendu en me disant que peut être l’année prochaine serait la bonne mais au carnaval j’avais trop envie de m’investir et de faire partis de tous ça en tant que parents.

Après tout, je suis autant un parent d’élève qu’une ASEM !

Alors il y a un mois, un peu avant les vacances d’avril, discrètement tout de même je me suis inscrite mais je n’ai rien dit a personne. Et au carnaval, j’ai pleinement pris part aux festivités ce qui a du mettre la puce à l’oreille de certaines…

Et bizarrement depuis un mois, Super Pirate est devenu beaucoup plus turbulent à l’école, je le récupère bien plus souvent « puni » qu’avant… Au début j’ai sévi pensant simplement qu’il faisait l’andouille en classe mais peu à peu il a commencé à me dire qu’il ne voulait plus aller à l’école parce qu’il était tout le temps puni.

J’ai commencé à avoir des doutes parce que mon môme, que l’on soit clair, n’est peut être pas le plus sage mais c’est loin d’être une terreur quand même…

Enfin bref, cette semaine nous avons donc reçu le mot indiquant que la sortie scolaire approchait et comme je suis en congé parental je me suis proposé d’accompagner, ce que j’avais déjà fait l’an dernier pour la sortie cinéma de Noël, l’année dernière également pour la sortie de Juin à la ferme et cette année, à nouveau, pour la sortie cinéma de Noël.

Mes collègues savent bien que je profite de mon congé pour faire ça car une fois que j’aurais repris le travail, il me sera difficile de me libérer une journée de ma classe pour accompagner celle de Super Pirate. Et elles savent très bien également combien j’aime prendre part à ce genre d’événements dans la vie de mon fils.

Et voilà la réponse que j’ai reçu : « Non, j’ai déjà demandé à plein de mamies d’accompagner et mon quota est plein ».

Alors déjà, j’avoue que clairement j’ai été vexé qu’elle ne pense même pas à moi mais encore plus par la phrase qui a suivis…

« Tu peux accompagner l’autre classe si tu veux sinon. »

Je lui ai gentiment dit que non, moi ce que je voulais c’était accompagner mon petit bout parce que j’étais en congé et quelle savait bien qu’après je ne pourrais plus jamais le faire…

Et voilà la réponse ultime :

« De toute façon c’est pas possible, tu sais bien qu’on n’aime pas que les parents accompagne leur propre enfant, ça sera mieux pour lui et pour toi si vous n’êtes pas ensemble, on fait toute comme ça et puis de toute façon mon quota est complet. »

Alors je sais bien que parfois avec les parents c’est difficile car ils n’ont pas toujours l’autorité nécessaire ou n’ose pas gérer le groupe de 4/5 enfants qu’on leur confie et que parfois leur propre enfant fait une colère ou change totalement de comportement quand ils sont là mais enfin là elle me connaît, elle sait comment ça se passe et que je sais gérer mon groupe…

Et puis le « on fait toute comme ça » je crois clairement qu’elle a oublié que ça faisait 4 ans que je travaille dans cette école et que j’ai vu défiler un bon nombre de parents, moi y compris, comme je vous le disais plus tôt pour les sorties scolaires…

Donc en gros si je veux accompagner, je n’ai qu’a aller avec l’autre classe, regarder mon fils de loin et pour simplifier les choses faire mon job mais pour pas un rond ??!

Il n’y a pas mort d’homme certes mais je suis dépitée, chaque occasion est importante car je sais quelles seront rares et on vient de m’en supprimer une. Je sais que plein de parents ne peuvent pas se permettre d’accompagner leurs enfants mais ce qui me met hors de moi c’est pas tant de ne pas y aller mais les raisons réelles qui accompagne ce refus…

Pourquoi ça n’a jamais dérangé que j’accompagne jusqu’ici et d’un coup je suis de trop?

Je sens bien que c’est personnel, je ne suis pas la seule à l’avoir remarqué, d’autres parents se sentent aussi visés et je commence à me demander si on ne me ferait pas payer cette foutue inscription à l’association de parents d’élèves…

Je peux encaisser beaucoup de choses dans mon travail ou autres mais pas quand on s’en prend à mes enfants ou à mon rôle de maman… J’ai le cœur lourd car j’avais tellement envie de partager ça avec lui et lui aussi avait envie que je vienne et ça ne se fera pas…

Enfin voilà, ça ne changera pas la face du monde mais vider mon sac m’a fait du bien !

Je terminerais avec ces douces paroles : vivement les grandes vacances tiens !

ma breizh family

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