La Vannetaise 2017

Ce n’est pas un secret, je vous en ai parlé sur les réseaux sociaux, cette année encore, j’ai participé à la course de solidarité en faveur des femmes atteintes d’un cancer du sein (et de leur entourage) : La Vannetaise !

Avant toute chose je tiens à mettre directement les choses au clair. L’an dernier j’ai essuyé plusieurs critiques quant au fait que je parle de ma performance et également du fait que je cours avec un casque.
Je ne tiens pas à me justifier dans 12 000 commentaires sur Facebook ou autre, je tiens donc à les mettre au clair ici.

Oui je parle de ma performance car oui je tiens à être performante ! Je ne vois pas où est le mal de vouloir donner le meilleur de moi-même et de mes capacités pour soutenir toutes ces femmes blesser dans leur être et dans leur chair.
Si vous me connaissez vous savez très bien que c’est la seule course à pied que je fais sur toute l’année, si je voulais être égoïste et simplement battre mon record dans un but perso, j’attendrais pas chaque année ce début de mois d’Octobre. Des courses il en existe plein, ce n’est pas pour rien que j’ai choisis celle là.
Et comme la justement dit l’une des organisatrices, s’il y a un temps, un score, c’est que chaque femme est sensible à sa progression et nous pousse à « nous entretenir » pour progresser.

Oui je cours avec un casque et de la musique comme bon nombre de femmes qui ce jour là portaient des écouteurs. En effet mon casque est plus gros, plus visible sans doute mais c’est la même chose. De plus, je ne peux pas porter de petit écouteurs comme on en voit partout maintenant car ils me font mal et ne tiennent pas. Bref, je cours avec de la musique car je cours seule et ça me permet d’intérioriser, d’aller puiser tout au fond de moi la force pour accomplir cette course.

Aujourd’hui, je suis à la tête d’une petite communauté essentiellement constituée de femmes, plus ou moins jeunes, mais qui j’en suis sur, sont concernées par le cancer du sein. Soit parce qu’elles en ont un ou eu un, soit parce qu’elle ont une amie, une collègue (comme moi), une connaissance ou encore un membre de leur famille qui en a contracté un.
Si je cours c’est pour toutes ces femmes, malades ou non.

Peu importe ce que vous penserez de mes choix, je sais pour quoi je le fais et je suis fière de le faire pour elles !

Maintenant que les choses sont dites parlons un peu de la course.

Cette année, je me suis entraînée, un peu. Pas autant que je l’aurais voulu et pas comme je l’aurais voulu. D’abord Mr Papa, victime de son succès, étant encore dans sa saison, j’ai disposé d’un peu moins de temps le soir pour aller courir et il faut bien se l’avouer j’avais aussi beaucoup moins de motivation après une journée avec mes deux petits monstres (l’an dernier il n’y en avait qu’un qui se déplaçait !). Faute de temps aussi j’ai beaucoup de choses qui changent dans ma vie en ce moment et les priorités n’étaient pas forcément de chausser les baskets même si ça me tenais à coeur d’y participer.

Bref mon entraînement s’est résumé à 2 séances de 6 km sur tapis de course ! Ça envoie du bois hein !
Ça m’a juste permis de me remettre en jambe car je n’avais pas couru depuis le raid avec Mr Papa et de vérifier que je tenais bien les 6 km.
J’ai confirmé avec le second entraînement que j’étais à peu près capable de refaire le même temps que l’an dernier.

vannetaise

Le jour J, dimanche dernier, sous une petite bruine bretonne, Mr Papa, les garçons et moi même nous sommes rendus sur l’esplanade du port de Vannes pour le grand départ.
Mr Papa me laisse dans la foule et me donne deux trois indications sur l’endroit ou il va essayer de se positionner.

Je suis un peu perdue, je n’ai que brièvement jeter un oeil au parcours et je ne sais pas vraiment par ou on va partir. Je me place dans la masse et après un échauffement et une coeurégraphie la première vague part.

Je ne sais pas si je suis dans la deuxième ou troisième vague, peut être même la quatrième, aucune idée, je suis le groupe.

On piétine, les unes collées aux autres, sur plusieurs centaines de mètres avant que le chemin ne se dégage et me permette de prendre mon rythme et de vraiment courir à mon allure.
Tranquillement, sans trop forcer, je remonte les différents groupes de coureuses jusqu’au tunnel de Kerino. Je ne force pas car je sais que l’année dernière, j’avais souffert sur le dernier kilomètre surtout au niveau du souffle. Je chante avec tout le monde dans le creux du tunnel.
Sur la remontée , la musique me boost et j’entends tous les encouragements des unes aux autres pour sortir de ce tunnel, un peu comme on sortirait de la maladie.

Le retour jusqu’au port se fait aisément. J’ai la nette impression de mieux gérer mon effort. Je scrute sur les bords pour essayer d’apercevoir ma famille mais rien. J’ai un petit coup de blues de voir arriver les remparts sans les avoir vu alors je change de musique pour m’envoyer une bonne dose de bonne humeur.

Comme je me sens bien physiquement, je continue d’accélérer et je remonte les remparts sans trop de difficulté. Une fois dans la ville je sens mes poumons qui commencent à piquer et j’ai chaud. Je ralenti un peu la cadence et profite des descentes pour récupérer un peu.

Finalement nous sommes vite de retour sur le port et alors que je pense avoir encore une grande boucle à faire, je me rends compte que l’arche d’arrivée est juste de l’autre côté du tournant qui se trouve à, à peine 50m.
Je décide de finir en beauté et accélère, lançant toutes mes forces, toutes mes réserves dans cette ultime ligne droite.

Je souffle, j’ai mal aux poumons, j’ai les jambes qui tremblent et j’ai envie de pleurer. Trop d’émotions.

Je récupère, pomme, eau et cadeau et je vais attendre Mr Papa sur l’esplanade. Je ne sais pas combien de temps j’attends. Nous nous étions dit que si a 11h30 nous ne nous étions pas retrouvés on se rejoindrai un point à l’écart de la course alors je demande régulièrement l’heure à des passants.

Finalement je décide d’aller directement au point de regroupement que nous nous étions donné et je fais bien, mes trois hommes sont là, à m’attendre.
Mr Papa me demande mes impressions. Je pense que je n’ai pas été mauvaise. Peut être pas aussi bien que l’année passé mais j’ai clairement l’impression d’avoir mieux gérer mon effort et je suis fière de moi.

Le résultat tombera plus tard dans l’après midi : 29 minutes et 36 secondes et 80ème sur 3839 coureuses. C’est donc bien mieux que l’an dernier, je suis encore plus fière de mon effort et de vous avoir toutes emportées avec moi !

ma breizh family

4 commentaires Ajoutez les votres
  1. Félicitations pour ta course. 80eme ç’est super !!
    Cette course me donne toujours autant d’émotions même sans y étre.
    Je l’ai déjà faite et l’ambiance est tellement chouette !. Et la musiques de départ me donne toujours les larmes aux yeux !.

    1. Merci ! C’est vrai qu’il y a énormément d’émotions sur cette course. On les voit sur les visages, on les ressent partout autour de nous ! Un mélange de tristesse, de compassion, d’appréhension et de détermination au départ et tellement de joie et de soulagement à l’arrivée ! C’est aussi pour ça que j’aime y participer !

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