* Mon rayon de soleil *

Même si l’été n’a pas vraiment été à la hauteur de nos espérances et parfois difficile comme j’ai pu t’en parler avant-hier (cf. Les problèmes de sommeil de Mister Papouille), s’il en a bien un qui nous a apporté du soleil et de la joie tant dans nos coeur que dans la maison c’est Super Pirate.

Le début des vacances n’a pas été rose car nous avons dû faire face à une énorme crise avec lui. Il avait sans doute besoin de se vider de toute l’énergie négative retenue à cause des dernières semaines d’école difficiles et des tristes événements familiaux qui nous sont arrivés.

Il était difficile, extrêmement susceptible et toujours à fleur de peau. C’était tellement difficile de le voir comme ça sans savoir quoi faire. J’ai bien tenté de prendre rendez-vous avec un pédo-psy mais ce n’était pas moins de 6 mois d’attente dans le meilleur des cas. Même en expliquant son état et ce qu’il venait de traverser on me répondait que mon fils n’était pas une priorité et que peut être le changement d’école améliorerait les choses…

Comment aurait-il pu améliorer les choses pour lui qui ne supportait plus le moindre changement ? Comment aurait-il ou s’ouvrir à de nouveaux camarades s’il se renfermait sur lui à la moindre occasion ?

J’avais trop d’inquiétude pour laisser mon fils comme ça. J’ai arrêté de perdre du temps à téléphone à droite et à gauche et à raconter 1001 fois notre histoire pour obtenir constamment la même réponse. Après maintes recherche je me suis acheté le livre « Les enfants hypersensibles » d’Emmanuelle Rigon et je l’ai dévoré.

Les enfants hypersensibles
Livre d’Emmanuelle Rigon

Pas besoin de lire plus d’une dizaine de pages pour comprendre que Super Pirate est un enfant hypersensible, que j’ai été une enfant hypersensible qui n’a jamais appris à gérer ça et que mon incapacité à aider mon fils vient de là. Bref j’ai quand même lu le bouquin jusqu’au bout, car il est très intéressant de reconnaître quel type d’hypersensibilité à Super Pirate – loin de moi l’idée de le mettre dans des cases – pour l’aider au mieux.

Je me suis donc mise à travailler ma propre sensibilité et à appliquer un maximum de « ER » possible (sécuriser – écouter – encourager – responsabiliser – féliciter) avec Super Pirate. Le but étant qu’à défaut de pouvoir répondre à ses émotions qui ne résonnent pas de la bonne façon chez moi, j’arrive tout de même à l’aider à grandir sans le blesser.

Les progrès n’ont pas été immédiat, au début je me suis même dit que ça ne servait à rien et puis…

Et puis un jeudi, nous sommes allés à la braderie d’une ville proche de chez nous. Il faisait beau et il y avait du monde. Dans une allée, il a repéré un petit skate-board. Je n’étais pas contre l’idée de lui faire plaisir, lui qui me suivait depuis le début de la journée sans broncher. Mon seul souci, les allées du stand impénétrables et les deux marches impossibles à monter avec la poussette.
J’étais quasiment sur que ma proposition allait faire un scandale mais j’ai tenté quand même. Je lui ai expliqué le souci avec la poussette et je lui ai dit que s’il voulait je lui donnais l’argent et qu’il allait lui même payer auprès du monsieur. Le dit Monsieur au téléphone au fin fond de son stand, rien de quoi rassurer mon petit bonhomme. Il a pris le skate sous un bras, les sous de l’autre et il est partis.
Mon coeur a louper un battement au moment où il a payé puis s’est complètement arrêté quand il s’est retourné et m’a rejoint et que j’ai pu lire sa fierté dans ses yeux.

Et puis un soir après une promenade, nous avons retiré les petites roues de son vélo. Il a essayé une fois, deux fois et la troisième fut la bonne. Je tenais à peine la selle quand ses petits pieds se sont emballés et qu’il est partis loin devant moi criant « ça y est maman, ça marche ! ».
Là encore mon coeur à loupé quelques battements de le voir si fier de lui.

Et puis il y a eu des soirées chez des amis, ou il y avait des gens qu’il connaissaient et d’autres moins où il n’a plus eu peur de demander où se trouvait les toilettes, un verre de jus de fruit ou un yaourt.

Et puis il y a eu ce dimanche ou nous sommes partis faire un vide grenier, où rien, absolument rien, ne nous intéressait mais où il y avait un grand manège au milieu. Il a demandé gentiment, poliment. Il a patienté le temps qu’on finisse le tour du vide grenier. On a dit que c’était un tour pas plus. Il n’a pas râlé. J’ai pris deux tickets, un pour lui, un pour son frère. Je lui ai donné son ticket et le temps que j’installe son petit frère il avait disparus. J’ai eu peur mais Mr Papa m’a fait signe.
Je l’ai vu, il était là ! Installé dans l’hélicoptère, avec un autre enfant, plus vieux que lui et il rigolait. Il a ris tout le tour et moi j’ai souris tout le tour.
Quand il est descendu, il n’y a pas eu de crise et il m’a dit que le garçon était très gentil car il l’avait aidé à mettre sa ceinture. Là encore j’ai souris.

Et puis il y a quelques jours, après deux ans de galère avec sa peur de l’eau, il est descendu, seul dans la piscine. On avait beau lui dire qu’il avait pied, que ça ne risquait rien. Il avait peur. Et voilà qu’il a dépassé sa peur. Il est descendu et avec de l’eau jusque sous ses bras, il a traversé la piscine pour venir me faire un bisou.

Tout ça peut vous paraître anodin, insignifiant même mais pour moi c’est énorme. Super Pirate n’allait plus vers les enfants inconnus, ne supportais pas qu’on le touche et sa rengaine préférée était « non c’est ma maman qui fait » ou « j’ai peur ».

Cet été, il a grandis et à l’instar du soleil, il a rayonné, de milles feux, mon petit hypersensible, mon Super Pirate.

ma breizh family

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