L’épuisement maternel…

Je n’en peux plus. Je n’en peux plus. Je n’en peux plus.

Voilà une phrase qui tourne dans ma tête depuis un moment déjà.

Je suis au bout. Au bout de ma vie. Au bout du rouleau. Peut importe je suis au bout.

Je me surprend parfois à les entendre m’appeler, une fois, deux fois, trois fois… Sans doute qu’ils ont besoin de moi mais je n’y arrive pas. Je reste là, impuissante, assise à mon bureau devant l’ordinateur, debout dans la buanderie a charger la machine à laver ou simplement le regard perdu dans le vide loin dehors.

Ce n’est pas que je ne veux pas m’occuper d’eux, mais je n’y arrive tout simplement plus. Je fais le strict minimum, l’essentiel et c’est tout.
Parfois, souvent, quand tout le monde dors, que la maison est silencieuse, je pleure.

Je pleure en pensant qu’aujourd’hui je n’ai pas joué avec eux, je ne les ai pas câliné, j’ai l’impression de ne pas les avoir aimé.

Il y a des jours ou je suis tellement à bout que je ne supporte plus de les entendre m’appeler « maman ». Je préférerais presque qu’il m’appelle « Virginie ».
Quand je ne les ai pas avec moi, je savoure de pouvoir marcher à mon rythme, boire un thé chaud ou encore tenir une conversation sans interruption.

Je me sens souvent horrible de penser comme ça mais je sais au fond de moi que je n’y suis pour rien, mon corps et mon esprit sont juste passé en mode survie.

Je suis épuisé psychiquement, épuisé moralement, épuisé physiquement. Je n’en peut plus.

Des fois je crie, des fois je hurle, des fois des portes claques et souvent je pleure. De ne plus être aussi bienveillante qu’avant, de ne plus avoir la patience, de ne pas être la maman que je voudrais être.

Les deux années qui viennent de passer me sont passées dessus comme un rouleau compresseur, comme une machine impossible à stopper et qui m’a littéralement broyée. Ajoutez à cela le poids de mon passé et de ma propre enfance… Et le quotidien, toutes ces tâches de « maman » que personne ne voit, personne ne reconnaît… Et la coupe est pleine.

C’est vraiment ce que je ressents. Je me sens a la fois pleine et vide. Pleine de mes émotions refoulés, de ressentiment, de reproches, incapables certains jours d’accueillir quoi que ce soit de mes enfants… Et vide. Vide de tout sentiments. Vide d’envie. Il y a même des jours ou je m’interroge sur ce que je ressens vraiment à leur égard.

Tout est devenu une épreuve, lire une histoire, sortir la peinture, inventer une histoire de Lego. Parfois j’y arrive. Parfois pas.

Ce qui me pousse à vous raconter tout ça? Un peu plus d’épuisement sans doute. Parce que le petit est malade, qu’il ne m’a pas lâché hier, pas une minute, qu’il a dormi avec nous et qu’après seulement 5h de sommeil, je ne trouve même plus la force de trouver retrouver le sommeil. Que je me doute qu’aujourd’hui encore la journée sera plus éprouvante que jamais. Mais il faut tenir bon parce que c’est comme ça, il n’y a pas le choix.

La maternité ne me suffit plus pour le moment. C’est le triste bilan que j’ai fait récemment. Après deux ans à n’avoir été qu’une maman, pour soutenir ma famille, faire en sorte qu’elle traverse les tempêtes et les ouragans sans trop de heurts j’ai besoin de plus.
J’ai besoin d’être autre chose qu’une maman, j’ai besoin d’être moi, Virginie. De m’épanouir ailleurs qu’entre deux couches. Et de faire quelques choses pour moi. Pour retrouver de l’énergie.

J’ai tout donné pour eux, j’ai besoin de donné un peu pour moi.

D’ici quelques semaines, si tout se passe bien, je reprendrais le chemin de l’école. Je suis terrifiée. J’ai tellement envie que ça marche, parce que je sais qu’elle est là, ma porte de sortie. Je sais que ces journées à penser à autre choses vont m’aider, à évacuer, à souffler. Mais j’ai aussi très peur de la séparation et du temps que je passerai en moins avec eux…

Je veux que les choses changent mais j’ai peur du changement…

Bref, pardon pour ce billet décousu mais j’en avais besoin. Besoin de vous en parler. Je ne vous ai jamais menti sur mon quotidien. Cette face aussi en fait partie. Et si quelques unes d’entre vous passent par là, sachez que vous n’êtes pas seules.

Je sais qu’il y a les « bonnes » copines qui en façade me diront que ça va aller et que ça va s’arranger et qui derrière s’empresseront de juger mon état, l’éducation de mes enfants, mon comportement ou qui simplement se rassureront en se disant « oh ba ça va, c’est pire chez elle que chez moi! ».
J’ai juste envie de vous dire que je m’en fous. Pensez ce que vous voulez mais abstenez vous de fausse compassion. Quoi que vous pensiez le burn out maternel ne frappe pas a votre porte un beau matin. Non. Il arrive doucement, insidieusement et si vous en êtes à comparer ce que je vous raconte ici avec ce qu’il se passe chez vous, c’est très certainement que vous n’en êtes plus loin non plus.

Je sais combien ce billet pourrait faire passer mes enfants pour des petits monstres suceurs de sang mais ce n’est pas le cas. J’ai des enfants extra, je le sais. Ils sont doux, aimants, mignons. Pas toujours sages mais ce ne sont pas des images, juste des enfants. Ils sont normaux, pas plus chiants, pas moins bien ni mieux élevés que les vôtres.

Si vous vous dites que j’ai du mal avec mes enfants, c’est que vous n’avez rien compris.
Ce ne sont pas eux qui ont provoqué ça.
Ce n’est pas avec eux que j’ai du mal.

C’est avec moi.

ma breizh family

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